Justice et vérité

25 mars 2012

Maitre des basses oeuvres

Les attaques menées contre la gauche par Jean-François Copé, cet Iznogoud en chemise Oxford, sont particulièrement médiocres et mensongères. Le président de l’UMP suggère lourdement que la gauche a négligé, sous-estimé et – pourquoi pas ? – encouragé le terrorisme islamiste par ses déclarations ou ses votes à l’Assemblée. Cette déclaration doit être rangée parmi les plus basses polémiques lancées pendant cette campagne électorale, qui n’en a pourtant pas manqué.

Certes les dérapages de certains socialistes, comme Jean-Jacques Urvoas ou Jérôme Guedj, ne valent guère mieux, l’un se moquant du RAID au moment où plusieurs de ses hommes essuyaient les coups de feu de Mohammed Merah, l’autre demandant la démission de Claude Guéant alors que le ministre de l’Intérieur amenait l’opération en cours à sa conclusion, sans qu’on puisse sérieusement mettre en cause son action.

Mais c’étaient sorties de route individuelles, vite corrigées. Le réquisitoire de Copé est au contraire une attaque méditée, délibérée, dans un partage des rôles transparent entre un président qui arbore le masque de l’unité nationale et un homme de main voué aux basses œuvres électorales.

Depuis au moins quinze ans, la gauche de gouvernement ne néglige en rien le danger terroriste. C’est Lionel Jospin qui a renforcé les lois anti-terroristes après le 11 septembre, au grand dam de la Ligue des Droits de l’Homme ou du Syndicat de la Magistrature ; c’est encore lui qui a engagé, en accord avec Jacques Chirac, l’armée française aux côtés des Etats-Unis dans la guerre en Afghanistan, guerre juste à l’époque puisqu’il s’agissait de neutraliser un Etat islamiste qui se targuait de servir de base arrière aux assassins du 11 septembre. On ne sache pas, au demeurant, que Jean-Pierre Chevènement, ministre de l’Intérieur pendant le plus clair de la mandature Jospin, se soit distingué par son laxisme ou son indulgence envers le terrorisme.

On remarquera aussi que les principales attaques terroristes qui ont frappé la France – Copernic, les attentats de 1986, le détournement de l’Airbus de décembre 1994 ou les bombes de 1995, se sont toutes déroulées sous des gouvernements de droite. Il serait idiot d’en attribuer la responsabilité au laxisme ou à l’incompétence de la droite en cette matière. Mais Copé l’est encore plus en critiquant non le gouvernement mais l’opposition, qui n’en peut mais dans cette matière comme dans les autres, puisqu’elle est exclue des responsabilités depuis une décennie. Si une faute a été commise dans l’affaire Merah– ce qui reste à démontrer – elle est le fait de ceux qui gouvernent depuis dix ans et qui ont eu tout le loisir d’organiser les services de sécurité à leur guise. Incriminer la gauche comme le fait Copé, c’est rejeter de manière impudente sa propre responsabilité sur autrui. C’est une escroquerie rhétorique et une fuite devant les responsabilités.

A cela s’ajoute une franche stupidité. Copé met en cause l’insuffisance de la gauche dans la lutte contre l’intégrisme. La gauche, dit-il, n’a pas voté la loi interdisant le port de la burqa. L’aurait-elle votée, sans doute Mohammed Merah aurait-il été impressionné et aurait-il renoncé à son entreprise criminelle ? Copé, en fait, suggère, dans un amalgame grossier, que la gauche est plus tolérante en matière d’immigration et de respect des différences à l’intérieur de la société française que la droite et donc que des hommes comme Merah s’en trouvent confortés. C’est là que surgit l’erreur cardinale. Dans ce genre de crime, quand on doit faire face à des fanatiques dont le but est de recruter au sein de leur propre communauté pour se battre contre les autres, c’est leur faciliter la tâche que de souscrire, même de manière indirecte, à cette idée funeste, fausse et grossière de conflit entre les civilisations.

La ligne rouge, en l’occurrence, ne doit pas passer entre les musulmans et les autres Français. Elle doit séparer les fanatiques et les démocrates, qu’ils soient musulmans, juifs, chrétiens ou non-croyants. Autrement dit, il s’agit de couper les musulmans de leurs propres extrémistes en proclamant la volonté de la République de traiter de manière égale toutes les minorités et non de les rejeter vers les extrêmes en laissant entendre qu’ils sont de trop dans la République. Entre Copé qui accuse la gauche de mollesse à l’égard de l’Islam et Sarkozy qui se plaint du nombre excessif d’immigrés, on a le concentré de ce qui ne faut pas faire pour lutter contre le fanatisme islamiste.

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Maitre des basses oeuvres

Les attaques menées contre la gauche par Jean-François Copé, cet Iznogoud en chemise Oxford, sont particulièrement médiocres et mensongères. Le président de l’UMP suggère lourdement que la gauche a négligé, sous-estimé et – pourquoi pas ? – encouragé le terrorisme islamiste par ses déclarations ou ses votes à l’Assemblée. Cette déclaration doit être rangée parmi les plus basses polémiques lancées pendant cette campagne électorale, qui n’en a pourtant pas manqué.

Certes les dérapages de certains socialistes, comme Jean-Jacques Urvoas ou Jérôme Guedj, ne valent guère mieux, l’un se moquant du RAID au moment où plusieurs de ses hommes essuyaient les coups de feu de Mohammed Merah, l’autre demandant la démission de Claude Guéant alors que le ministre de l’Intérieur amenait l’opération en cours à sa conclusion, sans qu’on puisse sérieusement mettre en cause son action.

Mais c’étaient sorties de route individuelles, vite corrigées. Le réquisitoire de Copé est au contraire une attaque méditée, délibérée, dans un partage des rôles transparent entre un président qui arbore le masque de l’unité nationale et un homme de main voué aux basses œuvres électorales.

Depuis au moins quinze ans, la gauche de gouvernement ne néglige en rien le danger terroriste. C’est Lionel Jospin qui a renforcé les lois anti-terroristes après le 11 septembre, au grand dam de la Ligue des Droits de l’Homme ou du Syndicat de la Magistrature ; c’est encore lui qui a engagé, en accord avec Jacques Chirac, l’armée française aux côtés des Etats-Unis dans la guerre en Afghanistan, guerre juste à l’époque puisqu’il s’agissait de neutraliser un Etat islamiste qui se targuait de servir de base arrière aux assassins du 11 septembre. On ne sache pas, au demeurant, que Jean-Pierre Chevènement, ministre de l’Intérieur pendant le plus clair de la mandature Jospin, se soit distingué par son laxisme ou son indulgence envers le terrorisme.

On remarquera aussi que les principales attaques terroristes qui ont frappé la France – Copernic, les attentats de 1986, le détournement de l’Airbus de décembre 1994 ou les bombes de 1995, se sont toutes déroulées sous des gouvernements de droite. Il serait idiot d’en attribuer la responsabilité au laxisme ou à l’incompétence de la droite en cette matière. Mais Copé l’est encore plus en critiquant non le gouvernement mais l’opposition, qui n’en peut mais dans cette matière comme dans les autres, puisqu’elle est exclue des responsabilités depuis une décennie. Si une faute a été commise dans l’affaire Merah– ce qui reste à démontrer – elle est le fait de ceux qui gouvernent depuis dix ans et qui ont eu tout le loisir d’organiser les services de sécurité à leur guise. Incriminer la gauche comme le fait Copé, c’est rejeter de manière impudente sa propre responsabilité sur autrui. C’est une escroquerie rhétorique et une fuite devant les responsabilités.

A cela s’ajoute une franche stupidité. Copé met en cause l’insuffisance de la gauche dans la lutte contre l’intégrisme. La gauche, dit-il, n’a pas voté la loi interdisant le port de la burqa. L’aurait-elle votée, sans doute Mohammed Merah aurait-il été impressionné et aurait-il renoncé à son entreprise criminelle ? Copé, en fait, suggère, dans un amalgame grossier, que la gauche est plus tolérante en matière d’immigration et de respect des différences à l’intérieur de la société française que la droite et donc que des hommes comme Merah s’en trouvent confortés. C’est là que surgit l’erreur cardinale. Dans ce genre de crime, quand on doit faire face à des fanatiques dont le but est de recruter au sein de leur propre communauté pour se battre contre les autres, c’est leur faciliter la tâche que de souscrire, même de manière indirecte, à cette idée funeste, fausse et grossière de conflit entre les civilisations.

La ligne rouge, en l’occurrence, ne doit pas passer entre les musulmans et les autres Français. Elle doit séparer les fanatiques et les démocrates, qu’ils soient musulmans, juifs, chrétiens ou non-croyants. Autrement dit, il s’agit de couper les musulmans de leurs propres extrémistes en proclamant la volonté de la République de traiter de manière égale toutes les minorités et non de les rejeter vers les extrêmes en laissant entendre qu’ils sont de trop dans la République. Entre Copé qui accuse la gauche de mollesse à l’égard de l’Islam et Sarkozy qui se plaint du nombre excessif d’immigrés, on a le concentré de ce qui ne faut pas faire pour lutter contre le fanatisme islamiste.

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14 mars 2012

Beaucoup trop de bruit pour rien

Mots-clés : Nicolas Sarkozy, Sarkozy, Renaud Dély, campagne, exilés fiscaux, taxer
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Tiens, Nicolas Sarkozy fait du Mélenchon ! Pourquoi pas, après tout, au point où il en est… En promettant de taxer les exilés fiscaux, le candidat sortant dégaine donc une mesure qui figure dans le programme du Front de Gauche. Enfin, pas tout à fait puisque ce sera aux expatriés de déclarer eux-mêmes au fisc français qu’ils sont partis à l’étranger exclusivement pour le fuir (combien se feront ainsi hara-kiri sur l’hôtel des impôts ?) et que Nicolas Sarkozy exclut toute déchéance de nationalité pour les récalcitrants. M’enfin, bon, c’est déjà ça. Surtout quand on mesure le chemin parcouru par l’intéressé.

En 2007, Nicolas Sarkozy abaissait vigoureusement le bouclier fiscal pour faire revenir dans l’hexagone son ami Johnny Halliday ; cinq ans plus tard, le chanteur n’est plus abandonné mais toujours aussi exilé : Sarkozy promet donc d’aller lui faire les poches jusqu’en Helvétie ! Quelle audace ! Qu’importe si à deux reprises, en 2010 et 2011, le président PS de la commission des Finances, Jérôme Cahuzac a présenté des amendements en ce sens qui ont été repoussés par la droite.

Qu’importe aussi si, la semaine dernière encore, Nicolas Sarkozy exonérait par avance, sur France-Inter, les ultra-riches menacés par la proposition de François Hollande de taxer à 75 % leur deuxième million de revenus annuels qui n’auraient plus "intérêt" à vivre en France. Comme si c’était un réflexe patriotique que de choisir de vivre dans tel ou tel pays selon son "intérêt" fiscal… Nicolas Sarkozy a donc changé d’avis et il fait bien. D’autant plus que cette taxation supplémentaire (hélas, difficilement applicable) viendrait compléter la mesure de François Hollande en en corrigeant les hypothétiques effets néfastes : si les ultra-riches ne trouvent plus "intérêt" à s’exiler, ils payeront en France la fameuse taxe de 75 %.

Qu'aurait pensé Angela de Villepinte ?

Ce nouveau tête-à-queue du candidat Sarkozy a aussi des conséquences collatérales assez cocasses : il nous offre l’occasion de lire ce matin un papier détaillant, sans l’ombre d’une critique, une telle taxation des exilés fiscaux dans "Le Figaro"… Nicolas Sarkozy fait donc du Mélenchon. Fort bien. Il y a trois jours, à Villepinte, il s’inspirait de Marine Le Pen pour fustiger les accords de Schengen coupables, selon lui, d’instaurer une "Europe-passoire" laissant déferler les "flux migratoires".

Et le président sortant allait jusqu’à menacer de rétablir dans 12 mois poste-frontières et douaniers à nos portes sans se soucier de ce que pourraient en penser nos partenaires de l’UE, à commencer par l’incontournable Angela Merkel. Fort bien aussi, et vive la France !

Mais tiens, au fait, une semaine plus tôt à peine, le candidat Sarkozy ne fustigeait-il pas l’irresponsabilité de son adversaire socialiste qui prétend renégocier un traité non encore ratifié ? Et le même ne faisait-il pas campagne bras dessus, bras dessous, avec Angela Merkel, l’entourage de la chancelière allemande annonçant même des meetings communs du tandem "Merkozy" ? Sa "chère Angela" n’est pas venue à Villepinte écouter son "Liebe Nicolas" : elle a bien fait, elle s’y serait sans doute sentie installée moins confortablement que Gérard Depardieu.

L'un des meilleurs acteurs politiques

Nicolas Sarkozy se veut apôtre du référendum et du recours au "peuple" et prétend séduire la "France du non" ? Il l’a pourtant privée de consultation lorsqu’il a fait passer le traité de Lisbonne, copie conforme de la Constitution de l’UE rejetée par référendum en 2005…

"Tapis de bombes", "feu d’artifice", "guerre de mouvement", les expressions distillées par ses "spin doctors" à la presse qui les répète sans recul illustrent la véritable stratégie du candidat Sarkozy : donner le tournis, affoler les sondeurs, enivrer les plumes. Le buzz fait office de sens, le bruit d’idée neuve. Il s’agit de jouer à plein régime des ressorts de la communication contemporaine, règne de l’éphémère sous la double influence des chaînes d’infos télévisées en continu et des réseaux sociaux du type Twitter.

Certes, on l’a encore vu lors de la gigantesque mise en scène de Villepinte, Nicolas Sarkozy est sans doute le meilleur acteur politique de sa génération. Rien ne l’arrête. Il est même capable de mettre en scène ses états d’âme ("Si je perds, j’arrête la politique"), ses blessures, son divorce, et d’accabler de ses fautes son ex-épouse Cécilia sans pudeur aucune. Son gourou, l’ultra-droitier Patrick Buisson a délaissé, lui, ses éloges passés de Drumont et de Maurras pour vendre à l’électeur une "nouvelle histoire", une sorte de "Sarkozy, saison 2" typique de ces séries américaines dont raffole le Président-candidat entre deux DVD de Visconti et Dreyer.

Le sarkozysme mise sur l’amnésie

Les commentateurs s’ésbaudissent de ses prestations, de son culot, de ses talents d’interprète. Mais au fait, s’agit-il d’élire un acteur ? L’élection présidentielle consiste-t-elle à récompenser, telle la cérémonie des Oscars, un homme capable de jouer, à merveille, tous les rôles, successivement voire simultanément, de réciter avec fougue toutes les partitions ?

Oui, le candidat Sarkozy peut très bien "jouer" Mélenchon, Le Pen, demain Bayrou, ou Villepin. Le sarkozysme mise sur l’amnésie. Il veut nous en mettre plein les yeux et plein les oreilles. Son drame, c’est que le grand carrousel de l’image et du buzz, des télés en continu et des réseaux sociaux finit toujours par s’assoupir. Par faire une pause. Et une fois les lampions éteints, les flonflons rangés et la fumée dissipée, demeure le sentiment d’avoir assisté à un show spectaculaire, impressionnant, certes, mais sans queue ni tête. Sans constance, ni cohérence.

Il bouge, mais tourne en rond

Le candidat UMP a l’énergie du lapin Duracell et la frénésie du ventilateur. Mais ce qui pouvait faire illusion en 2007, lorsqu’il s’était grimé en candidat de la "rupture", ne fonctionne plus dès lors que le Président sortant est comptable d’une action, et donc d’un bilan. En fait, le candidat Sarkozy mène une campagne libre-service où l’électeur, qu’il vienne de la gauche, du centre, ou de l’extrême droite, d’en haut ou d’en bas, est supposé trouver ce qui l’apaisera. Sans savoir pour autant où veut l’emmener celui qui prétend rester son chef cinq ans de plus.

Avec sa grosse caisse et ses tambourins, Nicolas Sarkozy est devenu le Rémy Bricka de la joute présidentielle. Il fait du bruit et du vent. Il bouge, mais tourne en rond. C’est joli, mais bruyant. Le chaland-électeur, intrigué, épaté même, observe d’abord longuement comment ça marche. Mais vient un moment où il finit par se demander à quoi tout ce raffut peut bien servir.


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01 mars 2012

Aphatie est il un laquais du pouvoir?

Depuis deux jours Jean-François Kahn et Jean-Michel Aphatie s'étripent par blogs interposés sur le point de savoir si le premier a eu raison de ranger le second dans la catégorie des " journalistes aux ordres ". C'est assez divertissant et instructif.

Divertissant, parce qu'avec sa finesse d'esprit coutumière, Aphatie est tombé à pieds joints dans le piège de Kahn (pour les épisodes précédents, renseignez-vous). En le dénonçant comme " aux ordres" dans les colonnes de l'hebdomadaire Marianne, Kahn a réveillé la culpabilité inconsciente qui sommeille dans les tréfonds du cerveau de l'un des plus emblématiques représentants du journalisme institutionnel. Du coup, Aphatie, comme d'habitude, donne encore l'impression de se défendre comme se défendent les coupables.

Cela étant, la question posée n'est pas sans intérêt. Au risque de surprendre, je serais même tenté d'y répondre par la négative, ce qui paradoxalement mène à la conclusion que c'est encore pire.

Prenons deux exemples concrets. Commençons par Aphatie. Pas une seule seconde, je n'ose imaginer qu'il soit "aux ordres". Nous ne sommes plus en 1963 ou en 1981, lorsque l'Elysée dictait ses quatre volontés aux journalistes de l'audiovisuel.

Mais Aphatie pose un problème dans la mesure où les tribunes dont il dispose (RTL; Canal plus) et la façon dont il les exploite, distribuant bons et mauvais points au nom de l'objectivité garante de l'impartialité du journaliste, l'ont érigé en statue du commandeur du journalisme à la française.

Or, cette posture supposée être l'incarnation du journalisme neutre, objectif, distancié, relève de l'imposture intellectuelle. D'une part parce que l'objectivité journalistique est un leurre auquel seuls peuvent croire des gogos qui ne se sont pas remis de l'inexistence du Père Noël ; d'autre part parce que JMA est l'incarnation du journalisme du cercle de la raison cher à Alain Minc, passé du rocardisme à un libéralisme bon teint.

Lorsqu'il ferraille contre la dette, contre les dérives budgétaires françaises, Aphatie s'exprime au nom d'une objectivité qui dissimule en fait un système de valeurs conservatrices qui sont à proprement parler de droite, en toute bonne conscience inconsciente. A force de connivence obligée avec les puissants, il a fini, comme beaucoup de journalistes politiques, par intégrer le mode de pensée dominant de ceux qu'il côtoie.

Et comme dans ce pays, les idées de droite se sont imposées à la fin des années 90, avec le pouvoir qui les incarne, fatalement, Aphatie est tombé de ce côté... On ne dira jamais assez qu'en France, la majorité des journalistes politiques français vivent dans le fantasme qu'ils ont d'influencer les maîtres du moment. Mitterrand, qui avait repéré ce travers, s'amusait souvent à demander à Alain Duhamel (qu'il appelait "le laquais" en privé) ce qu'il ferait s'il était à sa place, il paraît que cela l'amusait beaucoup.

Pour un Jean-François Kahn qui refuse de rencontrer l'actuel président pour ne pas être instrumentalisé, ou un Thomas Legrand de France Inter, prêt à la rencontre, mais qui prévient qu'il répétera tout, au mépris du OFF que l'on entend lui imposer (résultat: il n'est pas invité), combien acceptent, par illusion le petit déjeuner avec le souverain?

Un exemple? Il y a quelques jours, le président a invité trois journalistes au petit déj'. Il voulait faire répéter que son choix pour la présidence de France Télévisions n'était pas arrêté. Dans les jours qui ont suivi, la rumeur a enflé: "Et si Carolis restait?". Voyez comme c'est simple. Ils ne sont pas aux ordres. Il suffit simplement de les transformer en objet de cour. Et de s'arranger pour faire élever au sein des rédactions les plus malléables d'entre eux. Et si, en prime, ils ne sont pas très cultivés, c'est encore mieux. L'actuel président a un faible pour les journalistes dont la culture s'apparente à la sienne: télé, people, potins, sport, cinéma à la Clavier...

Sous son règne, ce genre de profil se retrouve souvent dans les accrédités formant la majeure partie de la presse présidentielle.

Aphatie est aussi emblématique de cet aspect là du dossier. On s'est beaucoup moqué du SMS que Fillon lui avait envoyé parce qu'il avait dit à la télévision, sur Canal, que c'était de Gaulle qui avait instauré la retraite à 60 ans.

On a beaucoup glosé sur l'aspect connivence de la chose, mais pour ma part, ce qui m'avait sidéré, c'est qu'un auto-proclamé spécialiste de la dérive des comptes sociaux fasse étalage d'une ignorance aussi crasse sur les connaissances les plus élémentaires du sujet qu'il prétend maîtriser. (J'ajoute que l'orthographe semble poser aussi un problème à Aphatie, depuis hier sur son blog, il est écrit en gros titre "l'INNacceptable violence de Marianne", oui, inacceptable avec deux " n "... Passons vite, je fais cette remarque parce que c'est le genre de détail qui le fâche tout rouge, just for fun... Moi même il m'arrive de laisser des coquilles, mais dans un gros titre, ça la fiche mal).


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19 février 2012

Injuste et odieux

Ce sont les mots des membres du Conseil National Syrien, qui regroupe les différents courants de l'opposition, après le veto de la Russie et de la Chine à la résolution du Conseil de Sécurité. Cette résolution adoptée à 13 voix contre 2 approuvait le plan de la Ligue Arabe condamnant la situation en Syrie et prévoyant la mise à l'écart du président syrien Bachar al-Assad.

Il y a onze mois que le peuple syrien se bat. La communauté internationale s'émeut, moins toutefois que pour la Libye.

Une des différences vient de la façon dont les deux régimes ont longtemps été perçus. La Libye de Kadhafi avait été mise depuis des années au ban des Nations Unies comme un Etat terroriste avéré, et les Occidentaux ont saisi l'occasion, il y a un an, de déboulonner le tyran de Tripoli.
Longtemps, Bachar al-Assad n'a pas eu la même image sulfureuse : certes, son père, Hafez al-Assad n'était pas très fréquentable (il avait notamment en bombardant la ville de Hama il y a trente ans, fait plusieurs dizaines de milliers de morts sans l'ombre d'une mobilisation internationale) mais lui, le fils, médecin, éduqué à Londres, marié avec une jeune et jolie femme apparaissait comme le moderne qui allait rompre avec les méthodes de son père. Il fut d'ailleurs - souvenez-vous, cela avait déclenché la polémique en France - invité dans la tribune officielle du 14 juillet 2008 à Paris. Il y est revenu en novembre 2009, puis en décembre 2010, reçu cette fois en grande pompe pour une visite d'Etat. C'était il y a à peine plus d'un an.
Mais la France a, fût-ce tardivement, compris la nature de ce régime qui massacre son peuple et tous les membres du Conseil de sécurité sauf la Chine et la Russie, veulent désormais son départ.
En effet, pour les deux géants réfractaires, l'ingérence est un danger : Pékin ne veut voir personne s'immiscer au Tibet. Pour Moscou, le refus de condamner l'un de leurs bons clients en armement, est un argument souvent avancé, mais qui n'est que secondaire car Damas est seulement le 7ème client en armement des Russes. En fait, ceux-ci craignent comme la peste que des résolutions semblables ne viennent un jour concerner la Tchétchénie, le Daghestan, l'Ingouchie, ou l'Abkhazie.
Aux yeux de Poutine, non seulement toute révolution qui déstabilise un régime est mauvaise en soi, mais elle peut de surcroît envoyer un message de soutien à ses propres dissidents.

Quant aux Occidentaux, il est hors de question pour eux d'envisager une nouvelle opération militaire : certes, les intérêts énergétiques qui étaient considérables en Libye sont inexistants en Syrie. Mais surtout le Proche-Orient est un château de cartes politique branlant, les révolutions du printemps dernier ont fait des déçus en mettant au pouvoir des islamistes (Tunisie ou Egypte). Enfin, les exactions contre les ex-kadhafistes en Libye ainsi que les références à la charia ont refroidi l'enthousiasme des opinions publiques occidentales et rendu leurs gouvernements plus circonspects.
Donc condamnations, oui. Espoirs que la Ligue Arabe une nouvelle fois puisse intervenir efficacement, oui. Sanctions, bien sûr. Mais quelle impuissance à regarder le peuple syrien se faire tuer !

Je voudrais simplement citer des paroles de Syriens qui sont arrivées ce week-end. 6000 morts, comme on nous dit, des centaines de tués chaque jour à Homs, finissent par n'être qu'une donnée statistique.
Et je veux évoquer ici des inconnus pour que leur martyr soit rappelé.
Dire par exemple le sort réservé à deux artistes syriens : Ibrahim Qashoush, et Ali Ferzat. Ibrahim Qashoush était originaire de Hama, auteur de chansons populaires contre Bachar al-Assad « Ya Allah yerhal ya Bachar », autrement dit « Va-t-en, Bachar ». Il a été assassiné l'été dernier, la gorge tranchée, les cordes vocales arrachées.
Ali Ferzat, est un dessinateur connu dans son pays et dans le monde pour ses dessins moquant la corruption et la violence du régime. On lui a sauvagement brisé les mains.


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03 février 2012

Alain minc se trompe sans le savoir

Nicolas Sarkozy va-t-il perdre l'élection présidentielle ? Cette issue n'est pas certaine mais probable.
Un signe ne trompe pas : Alain Minc le soutient. Or, tous ceux que soutient Alain Minc perdent toujours. C'est une loi. Edouard Balladur et Lionel Jospin en savent quelque chose. Ils ont été l'un et l'autre ses poulains. Minc a parié la réélection de Nicolas Sarkozy. Comment le chef de l'Etat a-t-il pu laisser s'exprimer un si mauvais présage ?

Car Alain Minc, cette faramineuse intelligence, s'est constamment trompé. Sur à peu près tout et quasiment tout le temps. Le soir, le matin, à Vêpres, à Matines, quotidiennement, hebdomadairement, mensuellement, en noir et blanc et en couleur, en vert et en pas mûr, à l'endroit et à l'envers, qu'il vente ou qu'il gèle, à voile et à vapeur : le plantage toujours. La gourance automatique. L'errance comme on se mouche. Les opérations ratées en boucle.

On a oublié, tant mieux pour lui, mais : l'Europe était condamnée à cette forme de "soviétisation" que l'on appelait, alors, la finlandisation ; le néocapitalisme financier global déboucherait sur la félicité universelle ; Chirac, en 1995, n'avait strictement aucune chance, ce pourquoi il convainquit Jean-Marie Colombani, alors directeur du Monde, d'embarquer dans la galère balladurienne ; l'Irak regorgeait d'armes de destruction massive ce qui justifiait une intervention américaine ; le crack financier de septembre 2008 n'était qu'une "grossesse nerveuse".
On en passe et des meilleures.

L'amplitude de plus en plus obscène des écarts de rémunérations et de revenus ? Adoubée par Alain Minc ! Ne fût-il pas, au sein du conseil d'administration de Vinci, l'organisateur-protecteur des plus folles dérives qui permirent au morfal Antoine Zacarias de s'adjuger en quelques années, ce qui eut nécessité, pour gagner autant, qu'un salarié moyen travaille depuis la disparition de l'homme de Néandertal ?

L'opposition perverse entre les concepts "d'égalité" et "d'équité" qui permit de revêtir des atours de l'équité toutes les remises en cause du principe républicain d'égalité ? Trouvaille d'Alain Minc ! L'idéalisation d'une mondialisation heureuse, forcément heureuse, dont on refusa obstinément d'examiner la nature et l'état du moteur ? Un concept d'Alain Minc. La tendance à la "fascisation" des différences, l'utilisation systématiquement terroriste du mot "populiste" pour délégitimer l'autre à la façon stalinienne ? Méthode Minc. Ce qui n'empêcha nullement l'intéressé de se rallier, ensuite, au meilleur "populiste" de France. Le soupçon d'antisémitisme lancé contre toute forme de dissidence, au risque de nourrir, pour le coup, un antisémitisme nauséabond qui se vit comme une dissidence ? Système Minc ! La formalisation de la notion effrayante de "cercle de la raison" qui permit d'exclure, pour "mal pensance", c'est-à-dire pour déviationisme, des pans entiers de la population (ce qui eut pour effet de la rabattre, en partie, sur le Front National), mais, aussi, toute une fraction de l'intelligentsia, en conséquence de quoi l'opinion publique a fini par rejeter en bloc un monde intellectuel perçu comme homogène et rallié à l'ordre, ou plutôt au désordre établi ? Merci Alain Minc !

On peut admirer, d'ailleurs, une si éblouissante réussite : la maîtrise décomplexée de soi qu'elle implique, cette capacité à tendre, sans angoisse existentielle, vers un but, dont on constitue soi-même l'enjeu. Comment ne pas saluer cette 'niaque", nous qui nous liquéfions, qui nous ravageons intérieurement à la seule hantise de l'erreur de jugement, continuellement envahi que nous sommes - et vous ? - par le doute que la moindre prise de position vrille en nous.
Evidente fragilité, j'en conviens.

Jeu de Minc, jeu de vilains ! Certes, mais efficace. La preuve...
Alain Minc avait aussi son avis sur les primaires socialistes : Martine Aubry allait l'emporter ! Sarko pourquoi tu tousses ?


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27 décembre 2011

Mes Vœux pour 2012

1. La première greffe d’un foie fabriqué à partir des cellules souches du receveur, prélevées sur sa peau. Elle est possible, elle aura lieu un jour prochain. D’autres organes suivront vite; cela changera radicalement l’espérance de vie, le rapport à la mort et au bonheur.

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2. L’annonce en Chine (sous la pression des classes moyennes utilisatrices de réseaux sociaux non contrôlables par le politique, tel Weibo) de la tenue en 2013 des premières élections libres sur tout le territoire du pays.

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3. La mise en œuvre aux Etats-Unis d’un programme d’union nationale de relance économique et technologique, avant même les élections présidentielles de novembre.

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4. La reconnaissance réciproque d’Israël et de la Palestine, dans les frontières pratiquement agréées à Camp David autour du président Clinton entre Arafat et Barak, en l’an 2000.

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5. La création d’un Marché commun entre l’Angola, la République Démocratique du Congo, le Nigeria et tous les pays qui les séparent géographiquement, faisant de cette région le principal moteur de la croissance mondiale.

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6. La réforme du Fonds Monétaire International augmentant son capital, modifiant les droits de vote des pays émergents et lui permettant d’utiliser de façon massive les Droits de Tirage Spéciaux pour financer les dettes publiques.

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7. La création d’un revenu minimum mondial supérieur au niveau du seuil de pauvreté spécifique à chaque pays, financé par une taxe générale sur les émissions de CO2 et par une autre sur les transactions financières, applicables à la planète toute entière.

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8. Le lancement en Europe, par la Banque Européenne d’Investissement, d’un grand programme d’installation sur 20 ans de réseaux intelligents d’internet 4G, d’énergie et d’eau.

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9. La réforme des institutions européennes, sous la pression d’une pétition populaire recueillant plusieurs millions de signatures, avec la mise en place d’institutions fédérales au niveau de l’eurozone, la création d’une taxe européenne, le lancement d’eurobonds, et le rachat par un Fonds Monétaire Européen d’une minorité de contrôle dans les principales banques de l’eurozone.

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10. En France, la décision unanime de tous les partis politiques de considérer la jeunesse (en particulier celle qui souffre du chômage) comme la raison d’être de leurs actions, locales et nationales.

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Tout cela est possible. A chacun de nous d’en prendre les moyens.


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22 décembre 2011

Leonardo dans tous ses états

Leonardo nous prend pour des imbéciles, il déçoit un grand nombre de fans de foot. Ses erreurs de communications se multiplient..
Dans un an, sera-t-il encore directeur sportif du PSG?

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